27 avril 2008
Depuis mille ans
Je suis prête, dit, à la belle, la bête.
Je suis prête à changer… A changer et à me voir
Au travers de ton regard si doux, si tendre, si paisible.
Mais je suis effrayée de ce que je suis,
De ce que j’étais avant de te rencontrer.
Je suis prête, murmura-t-elle, inquiète et apeurée…
Depuis mille ans, je t’espérais
Et languissais de te trouver.
Alors, si je suis ici si fébrile aujourd’hui,
C’est qu’il me vient une peur effroyable
De me déshabiller de mon passé,
Tenace, qui me colle à la peau et me brûle dedans…
Si je suis ici si désemparée maintenant,
C’est que je crains toujours la nuit,
La longue nuit de mes tourments,
Qui me firent jusqu’ici tituber et douter,
Ne voyant rien devant pour me faire avancer…
Avancer plus sûrement à ce que je suis,
Pourtant…
(Février 1998)
11 avril 2008
*
J’ai peine à croire que cette vie-ci
Sur cette terre-là sera, pour moi,
Une réalisation
Et ce n’est pas, sache-le bien
Toi qui de là-haut me regarde,
C e n’est pas, de ma part,
Une quelconque mauvaise volonté
Mais il m’arrive parfois
De perdre foi…
Il m’arrive, humainement,
De me détourner de moi
Et ce n’est pas, sache-le bien
Toi qui de plus près me regarde,
Ce n’est pas, de ma part,
Une quelconque mauvaise volonté
Mais, quand je me vois dans la glace, parfois,
Je ne vois plus que la grimace
Me regarder, et là, je me sais alors
Vraiment seule à moi-même…
(Novembre 1998)
*
« Rien n’est trop beau pour moi »
Dit le collier de pierres fines
« Je me veux plein d’éclat
Pour la soirée prochaine »…
Et ce soir-là
Devinez
Ce que je vois ?
Un cou transfiguré…
Je veux dire
Un visage illuminé
Surmontant
Une rivière de diamants !
(Janvier 1998)
11 janvier 2008
*
« Le jour où les hommes
Seront devenus sages
Ce jour-là, je mettrai
Mes plus beaux habits
Mes habits de fête », avait-elle dit…
Mais les hommes tardèrent
- Tardent et tarderont peut-être -
Alors l'espérance se dit qu'elle aurait dû,
Plutôt, se faire patience…
(Novembre 1997)
L'espoir
Je suis au coeur
De la vie
Et mon coeur
N'attend que vous…
Mais vous avez peur la nuit…
Et vous avez peur le jour…
Alors je m'étiole
D'abandon de vous
À chaque seconde
De vos refus à moi…
Et je pleure, et pleurant,
Je me meurs
Un peu plus d'amour
Pour vous…
(Octobre 1997)
*
Ah ! La belle vie que voilà…
La belle vie, la grande vie
Et son mystère !…
Pomme à croquer
De la connaissance
Où la science
N’y pourra rien faire,
Qui s’est trompée de cible :
La preuve du mystère
De l’homme
Est l’homme lui-même…
… Bonjour conscience !…
(Septembre 1997)
Qu’est-ce qu’être humain ?
C’est naître au monde
… Naître sans être plus
Parce que notre humanité
Nous cache à nous-mêmes
… Peaux de chagrin
(Décembre 1996)
*
Pour raconter son histoire
L'homme s'inventa une terre
Ronde, c'est plus pratique
Pour rêver
… Pour raconter son histoire…
Ensuite, pour la vivre,
L'homme y donna la vie
Et le mouvement perpétuel
… Pour la vivre…
Ce n'est que bien plus tard
Que l'homme réalisa
Qu'il avait omis
Sa conscience de ce qu'il était…
Mais il semblait trop tard !
Alors, depuis, l'homme,
Réalisant sa bévue
Essaie, tant bien que mal
De rattraper le temps perdu
Mais le temps ne se rattrape guère
Qui est passé, déjà vécu…
Le temps se vit
Chaque jour davantage
Chaque jour un peu plus…
Alors, depuis, l'homme
A appris sa vie
Au fil de ses déboires…
C'est ce que l'on nomme
L'expérience de l'homme !…
L'homme en action,
L'homme en devenir…
Mais le temps importe peu, en fait,
Qui n'est qu'un espace fragmenté…
Le temps n'a de raison
Que s'il est rempli d'expérience…
Le contenant importe bien moins que le contenu !…
(Septembre 1997)
Expérience
Je me suis habillée de peau et de chair
Et je suis descendue sur terre, pour expérimenter…
Mais sur terre, je n'ai pu tout emporter…
Je n'y ai, tout au plus, que mon reflet.
Et voila qu'un beau matin,
Sans crier gare,
Mon reflet
Se prend pour moi !
J'aurais dû alors, oui ! je sais que j'aurais dû le raisonner…
Mais je m'y pris mal… J'eus le tort de lui dire sa vérité
- Elle était ce qu'elle était, mais elle lui fit très mal -
… Du moins ce fut l'interprétation de sa raison
- Sa « raison », parlons-en, qui n'avait de cesse de répéter
Que la terre était réalité, et que moi-même je n'étais
Qu'une pièce de son imagination !! –
Pour nous départager alors,
Nous n'eûmes plus qu'une solution :
C'était, pas à pas et avec objectivité,
De nous confronter, chacun,
À ce qui se présentait comme notre destin…
Pour ce qui me concernait, ce fut simple :
Je n'avais pas oublié ce que j'étais…
Pour mon reflet, par contre, ce fut très nettement
Épineux : il ne se souvenait de rien !
… Bien pire encore : il se pensait
À l'origne de toute chose !!
Nous nous expliquâmes…
Il pleura, je consolai… Il jura, je pardonnai…
Et tous deux, main dans la main, nous réalisâmes
Ce que je fus pour lui, ce qu'il était pour moi,
Et ce que nous étions, fortifiés l'un de l'autre…
Je crois bien que c'est là seulement
Que, vraiment, nous nous rencontrâmes…
(Octobre 1997)
Mon ciel…
Mon ciel est gris, gris mouillé,
Mouillé de pluie, de la pluie de mes yeux.
Mes nuages te guettent
Mais tu es vent, et tu me promènes…
Tu me promènes au travers de tes saisons…
Tu me caresses d'une chanson…
D'une même chanson qui me malmène.
Malgré tout, je te suis de tout mon être :
Tu es mon amoureux
et mon temps est de chagrins pailleté…
Je suis l'amour espéré
(Août 1975)
*
J’ai le coeur
À portée de mains
Immense espoir
De l’humanité
Et j’en tremble
D’émotions…
(Septembre 1997)
*
Éteinte à moi-même
Je me meurs
De si mal me voir…
Dans les ténèbres
De mon coeur,
Je cherche le jour…
(Novembre 1997)
Je sais cet impénétrable mystère
Qui me frôle parfois à me dire
Ce que nous sommes,
Tous, fondamentalement,
Et je sens alors ma finitude
Comme une traîtrise à moi-même…
Et je trébuche, titube et tombe
Et je pleure de n'être qu'humaine
Rien qu'humaine… Encore !…
(Novembre 1997)
Textes déposés à la SGDL.



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