27 avril 2008
Dans la forêt
11 avril 2008
Une souris particulière
« Je suis une souris », dit la souris,
« Un peu particulière, bien que physiquement
Je vous l’accorde, je paraisse commune
Et un peu grise, mais c’est une illusion !…
En effet, si vous y faites attention, vous me verrez,
Chaque soir, minuit sonné, me préparer fébrilement
Et m’en aller dans les maisons, visiter, dans chaque chambre
Des petits d’hommes, le dessous des oreillers…
Parce que, depuis toujours, depuis même des générations
Dans ma famille nous collectionnons – vous le savez ! –
Ces fines petites perles blanches qui servent,
Aux enfants, à croquer le chocolat…
Le chocolat et bien d’autres choses encore
Sucrées, salées… Enfin, tous ces aliments
Qui donnent goût à la vie de l’avis d’une maman…
Maintenant, si vous n’y voyez pas d’inconvénient
Je vais vous laisser parce que évidemment
J’ai encore fort à faire… » Ce sur quoi, cette souris
– Peu commune mais nettement grise –
S’en alla faire ses commissions…
(Janvier 1998)
La mouche au moineau
« Tu es plus grand que moi, d’accord
Mais moi, j’ai l’agilité en plus !…
Ton chant est plus mélodieux
Que ma musique, d’accord encore…
Mais prend ta loupe et vois mes ailes
Fines et translucides :
J’en suis très fière, c’est grâce à elles
Que je suis si rapide…
Regarde-moi : je peux faire du surplace
Monter, descendre comme l’hélicoptère
Et, si ça me chante, aller en arrière !…
Pour ma consommation de carburant,
Une goutte de pluie me tient une semaine
En marche, par beau temps…
Si ça c’est pas de l’économie d’énergie !!
Que te dire d’autre ? Que te dire d’autre ?
Ah oui ! Avant d’oublier… je peux aussi,
Me posant sur les bras des enfants,
Me promener, les chatouillant,
Et ça, ça leur leur plaît rudement !… »
… Le moineau acquiesça !
(Janvier 1998)
09 janvier 2008
Le roi
*
« C’est étrange »,
Se dit l’ange
« Comme un sourire
Peut faire plaisir…
Pourtant, ce n’est jamais
Qu’un petit sourire
Pour dire merci ! »
… « C’est vraiment étrange »,
Se dit l’ange
Aux grands yeux
D’amour bleus…
Entretemps
Dans l’azur du ciel
Apparut, devinez quoi
Un arc-en-ciel !
(Et ce n’est pas là
Une question de rime seulement…
Oh non ! Je n’oserais pas !
Ou alors si légèrement…)
Un arc-en-ciel, donc, dans l’azur
Comme une immense écharpe à la terre,
À l’étoffe la plus pure
De rêves et de prières…
« C’est décidément bien étrange »,
Se dit l’ange,
« Décidément surprenant ! »
Et, rien que pour la beauté
De ce geste recommencé
Il sourit encore
Et encore…
(Mai 1997)
*
Saperlipopette ! dit la chouette
Embarrassée
J’ai filé mes chaussettes
Et perdu mon cache-nez
… Ce soir, c’est sûr,
Mon nez va couler,
Et dans mes chaussures
J’aurai froid !
Saperlipopette ! Saperlipopette !
Il y a des jours comme ça
- Enfin, des nuits –
Où on n’a pas fini
De se mordre les doigts…
Saperlipopette ! Saperlipopette !
Quand je pense qu’hier déjà
Par inattention
J’ai glissé sur le toit
De la maison !!
En tombant, j’ai bien vu
Des étoiles – au moins cent ! –
Mais toutes ont disparu
En un rien de temps…
Je n’ai pu
Les regardant
Que les compter
Rapidement…
Saperlipopette ! Saperlipopette !
C’est que l’hiver m’est rude
L’hiver m’est froid
Ah ! S’il ne tenait qu’à moi
D’habiter plus au sud
Saperlipopette ! Saperlipopette !
(Septembre 1997)
Mince !
« Mince ! » dit la grenouille, un peu bête
En sautant de son nénuphar,
« Mince, j’ai oublié mes lunettes !
… C’est pas que ce soit franchement
Grave, mais il commence à se faire tard
Et j’y vois plus comme avant !… »
… Si d’aventure il vous arrive, à vous aussi, un soir
En passant par là-bas d’entendre, dans le noir
Cette grenouille, dans la forêt,
Ne soyez pas trop inquiets
Pour elle. Soyez même confiants…
Car elle finira bien par les retrouver
Avant le prochain printemps
Posées – l’étourdie ! – sur le bout de son nez…
(Mai 1997)
*
Joseph l’éléphant
Se plaint d’une rage de dents
Qui le tenaille et le rend
Désagréable au possible
… C’est que la douleur rend méchants
Les plus gentils, les plus paisibles !
Alors il décide d’aller voir, dans la brousse
Le guérisseur. Mais quelle frousse
Quand il tombe, nez à nez
Avec les pygmées
Qui, bien que plus petits
Ont raison de lui !…
« Quelle malchance ! », se lamente-t-il…
Et le voilà qui barrit, barrit
À en faire frémir les crocodiles
Et toute la jungle, dans la nuit !…
Et le voilà frappant du pied
Tant et tant qu’il fait tout s’écrouler
Alentours ! Les pygmées s’inquiètent, qui
Préfèrent alors le relâcher. Il s’enfuit…
Court, court devant, trop heureux
D’avoir échappé aux flammes et au feu
De l’enfer… Il y a même gagné
- Il s’en rend compte alors –
Que son mal de dents est passé !
(Mai 1997)
L’escargot
Je me presse, je me presse !…
Dit l’escargot
Mais j’aimerais vous y voir, vous
Avec une maison sur le dos !
… Une maison et tout ce qu’il y a dedans !
Oh ! Je sais bien que j’en ai pas l‘air
Mais je suis, à moi tout seul,
Un véritable déménagement !
Sans rire, comptez : une table, deux bancs
(Pour inviter les amis les jours de fête),
Quatre chaises longues très confortables,
Pour les soirs de printempos…
Une armoire à outils, pour les petits travaux
(C’est toujours nécessaire…)
Rangée là-haut
À côté de ma belle vitrine en verre
(Celle, oui, qui m’a été offerte
L’an passé, à mon anniversaire !)
Et puis… Et puis, que je n’oublies rien…
Ah ! Si… Ma bibliothèque…
Pour les longues soirées d’hiver…
(Au coin du feu, c’est un régal !)
… Bon, on discute, on discute,
Mais ça fait pas votre affaire !…
Attendez donc… Je vais me mettre sur le bas-côté
Pour vous laisser passer…
(Mai 1997)
Incorrection
« Dis-moi », dit l’escargot au ver de terre,
« Ça te gêne pas d’aller tout nu
Te roulant par terre
Sans retenue ?!… »
… Vous le croirez ou non, mais le ver de terre
N’a pas même daigné se retourner…
Il a fait celui qui dormait
Et s’est même mis à ronfler !!…
(Octobre 1997)
Textes déposés à la SGDL.




Côté face...