01 mai 2008
Par-delà les ans
11 avril 2008
*
(Janvier 1998
« Dis-moi ton cœur »,
Dis-je à la vie,
« Dis-moi donc son secret,
Que je m’en fasse
Une couronne fleurie… »
(Janvier 199
( Décembre 1996)
*
Je suis ce que je suis
Je suis ce que je suis
Et c’est bien dommage
Que je ne le sache pas…
Je vis ce que je vis
Et je pleure et je ris
Et je tourne les mots dans ma tête
En tous sens, sans fin,
Comme une bête
Affolée qui n’y comprendrait rien…
Je suis ce que je suis
Mais finalement je suis bien
Plus. Je suis bien mieux.
Il me suffirait de pouvoir me voir
Avec amour. Avec Ses yeux…
(Janvier 1998)
Qu’il fera beau le jour où
Je pourrai me voir sans jugement…
Le jour où je m’aimerai simplement,
Telle que je suis…
(Janvier 1998)
11 janvier 2008
Préhistoire revisitée
Un jour
Il y a fort longtemps
Un singe solitaire
Fut témoin
De la descente, sur terre,
De l'homme
Qui tombait du ciel…
Mais cela lui sembla
À tel point saugrenu
Qu'il jugea plus « logique »
De décréter
Que celui-ci
Tomba de l'arbre…
(Septembre 1997)
*
La femme-harpe
Tu m'as prise entre tes mains,
Tu m'as prise comme on prend le printemps :
Les bras ouverts…
Tu m'as effleurée et j'ai gémi
D'espoirs.
… Tu m'as prise entre tes mains
Et tu as joué,
Jusqu'au matin…
(Janvier 1979)
Mes mains
Sur ta bouche
Mes yeux
Dans les tiens
Et le silence
De nos corps
Ont arrêté
L’horloge du temps…
(Janvier 1983)
Je voudrais parler
Le silence
Au creux
De ton cou
Et te dire
Les mille caresses
De l’espoir
Fugitif…
(Septembre 1981)
*
*
Je suis étoile filante
Quand bien même
Je veux vivre aujourd’hui
Sans savoir d’où je viens
Ni où je vais…
Je suis étoile filante
À éclater d’espoir
De vivre le moment
Comme une éternité
Et ce chemin
Dans le ciel immense
De l’incertitude
M’étreind
Même si je ferai
Cette route
Qui m’apprendra
À briller plus fort
(Novembre 1984)
Je suis fatiguée
De vivre en me battant
Et de me battre
Plus que de vivre…
(Novembre 1997)
*
Ce matin, j'en ai eu assez :
J'ai brutalement pris la nuit
Par le collier et lui ai crié :
« Rends-moi mes rêves, voleuse, rends-les-moi ! »
Elle a d'abord fait
Celle qui ne comprenait pas…
Celle qui, passant par là
Par hasard, ne savait rien…
Mais comme je la reconnaissais
- Je suis physionomiste –
Je ne m'y suis pas arrêtée et j'ai continué…
Si bien continué que ça a marché :
Elle m'a rendu - sans les avoir abîmés –
Mes rêves, tous mes rêves colorés depuis l'enfance
…
Tous ceux que, par inadvertance,
J'avais oubliés !!…
(Octobre 1997)
Incompréhension
Ce matin
En équilibre
Tout au bord
Du gouffre
J'ai osé
La tête
Au-dessus
Des profondeurs
Et ai crié :
« Eh, toi
Mon inconscient !
… Arrête donc
De creuser,
Et remonte un peu :
On a à discuter !… »
Puis, j'ai attendu
Le temps qu'il faut…
Ce fut pourtant
Long avant que l'écho
Ne me revienne :
« J'arrive, mais laisse-moi
Le temps de remonter
… Dis donc, t'aurais pu
Te signaler avant,
Parce que moi, je creusais
Et creusais, te pensant
De l'autre côté !!… »
(Octobre 1997)
L'homme-misère
Dans une auberge, près du lac,
Un inconnu vint à passer
Qui avait, pour tout bagage sur le dos,
Un grand sac vide tout rapiécé…
L'homme était grand, triste et si ravagé
Que l'on ressentit à son approche
Le soufle froid du désespoir…
Il demanda, en s'asseyant, un verre de vin
Qu'il but d'une traite, levant le poing.
Puis, bruyamment il souffla
Sur sa redingote, chassant la poussière
D'un revers de la main…
La salle, encore pleine pourtant,
Respirait à peine, comme fascinée
Par les mouvements de l'étranger…
Celui-ci, sentant qu'on le suivait,
Tourna tête rapidement
Si rapidement en fait
Qu'il s'accrocha au regard d'un enfant
Qui était là…
« Je suis seul, qu'y a-t-il,
Est-ce si surprenant !!… ?, rugit-il subitement.
- Mais, monsieur… Vous êtes blessé !
Voyez votre bras, comme il saigne…
- Suffit ! » résonna la voix.
« Je sais… Mais qu'importe !
Qu'importe mon bras, je ne sais déjà pas
- Déjà plus - comment j'arrive, ici-bas
À me tenir debout. »
« Petit, continua-t-il, viens ici,
Viens plus près de moi…
Petit… Que vois-tu ? Dis-le-moi ! »
- Je vois un homme en peine,
Dit l'enfant, s'approchant,
« Un pauvre homme oublié,
Un homme écorché, abîmé de chagrin.
… Vous êtes donc si seul ?… »
Et l'homme, alors,
Ce grand gaillard
Effrayant de colère,
Dans les bras de l'enfant,
Éclata en sanglots…
Un torrent de larmes
Trop longtemps contenues
Jaillit en cascade du haut de sa solitude…
Ce fut presque une éternité
De souffrance qui dégringola
Depuis la redingote…
Ensuite, s'essuyant d'un revers de manche,
Une lueur au regard,
L'homme à l'enfant chuchota :
« … Merci de m'avoir reconnu, petit…
Merci, ça m'a rendu une existence… »
(Octobre 1997)
Textes déposés à la SGDL.








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